On distingue plusieurs types de mémoires :

 

> En fonction de la durée de maintien

         > Mémoire sensorielle (de l'ordre de la ms)
         > Mémoire à court terme MCT (20 s)
         > Mémoire à long terme MLT (jusqu'à une vie entière)
>
En fonction du type de remémoration
         > Mémoire explicite (consciente, « se rappeler »)
         > Mémoire implicite (non consciente)

Fonctions mnésiques :


> Encodage (mise en mémoire)
> Consolidation

> Récupération (rappel, reconnaissance)
> Oubli (données effacées)

 

La mémoire sensorielle

 

L'information du stimulus sensoriel est conservée pendant une durée qui dépasse la durée de présentation. Si l'on présente, après un intervalle variable (ISI), un masque, on perturbera, dans certaines limites, le maintien de cette information.

Expérience : on présente une lettre de l'alphabet très rapidement, et le sujet doit l'identifier.

La mémoire sensorielle visuelle garde l'information du stimulus plus de 50 ms, puisque 40% des participants identifient encore correctement la lettre après un ISI de 50 ms et un masquage de 100 ms.

 

1. Mémoire à court terme MCT et mémoire de travail MT

 

> La MCT est définie initialement par la durée de maintien des informations (quelques secondes).
> La MCT comporte aussi une limitation quantitative (empan mnésique) : nombre d'éléments qui peuvent s'y maintenir (5 à 7 éléments : Miller, 1950).
> Méthode d'étude : le rappel.

Avec environ 5 éléments, l'oubli s'effectue en 20s dans la MCT.

 

Effet de position sérielle

 

Rappel libre dans cette tâche.

On présente visuellement 100 mots, à une certaine cadence. On demande ensuite au sujet de rappeler les mots.

Les mots du début et de la fin de la liste sont mieux rappelés que ceux du milieu.

Le meilleur rappel des mots du début est appelé effet de primauté et le meilleur rappel des mots de la fin est appelé effet de récence.

L'effet de primauté est dû à l'autorépétition des premiers mots pendant que les suivants s'affichent.

Hypothèse : l'autorépétition fait passer les éléments de la MCT à la MLT.

Vérification :
> On augmente la cadence d'apparition des mots. L'effet de primauté disparaît mais pas l'effet de récence.
> On augmente la longueur de la liste. La tâche d'autorépétition devient difficile, l'effet de primauté diminue et l'effet de récence reste identique.
> On ajoute un délai de rappel et une tâche d'interférence. L'effet de récence diminue mais l'effet de primauté reste identique.

>> L'effet de primauté est donc dû à la MLT. Dans l'effet de position sérielle, l'effet de primauté est attribué à un encodage en MLT, l'effet de récence au maintien des items en MCT.

Réduction de l'effet de primauté :
> Augmentation de la cadence de présentation des items
> Augmentation de la longueur de la liste de mots

Réduction de l'effet de récence :
> Augmentation du délai de rappel (+ tâche d'interférence)
> Présentation visuelle plutôt qu'auditive

Dissociation des deux mémoires (neuropsychologie)

 

> Si MCT normale et pas d'effet de primauté, atteinte de la MLT (Milner, 1966).
> Effet de primauté normal, déficit MCT, donc MLT normale (Warrington & Shallice, 1969).

 

 

L'empan mnésique en MCT est limité par la vitesse d'élocution.
Exemple interlangue pour les chiffres.

 

MCT ou MT ?


Nous prendrons ici, et pour simplifier, les désignations MCT et MT comme synonymes.
En fait, ces termes font référence à es modèles légèrement différents ; le premier (MCT) considère cette mémoire temporaire dans ses propriétés quantitatives, et le second (MT) dans ses caractéristiques plutôt fonctionnelles.

 

2. La mémoire à long terme MLT

 

> Traditionnellement, la MCT est conçue comme la porte d'entrée en MLT (encodage).

> Cependant, Warrington et Shallice ont décrit le cas du patient KF dont l'empan mnésique en MCT était au maximum de 2, mais qui était capable d'apprendre des listes de 10 mots dans les limites de la normalité. Il y aurait donc possibilité d'accéder à la MLT sans passer nécessairement par la MCT (ou MT), du moins chez certains cérébrolésés.

 

Types de MLT

 

Apprentissage incident


Parmi les mécanismes d'encodage, il y a l'autorépétition, mais celle-ci ne suffit pas.
Une des meilleures méthodes d'apprentissage est l'apprentissage incident : lorsqu'on apprend quelque chose en le comprenant, sans avoir nécessairement voulu l'apprendre (ex : l'air d'une chanson).


Deux expériences pour prouver l'efficacité de l'apprentissage incident

 

> Expérience de Hyde et Jenkins (1969).

On montre plusieurs listes de 24 mots à différents groupes, dont les tâches seront différentes.

Les trois premiers groupes ne savent pas que l'on va tester leur mémoire.

Tâche G1 : compter le nombre de lettres
G2 : identifier la
présence d'un "e"

G3 : juger le mot plaisant/déplaisant

G4 : groupe contrôle, apprentissage intentionnel

On leur demande ensuite de rappeler les mots.
Rappel G1 : 10/24

G2 : 9/24
G3
: 16/24

G4 : 16/24

Pourquoi les groupes G3 et G4 ont-ils rappelé le même nombre de mots ?
Les groupes qui ont du effectuer u
n travail sur une partie du mot ont fait un travail cognitif moins important que ceux qui ont eu à prendre en compte le mot entier et sa signification. Ceux-ci ont pu ensuite regrouper les mots en catégories.

 

> Expérience de Craig et Tulving (1975).

Profondeur de traitement : restructuration plus ou moins approfondie des éléments apportés.

On présente les mêmes mots à trois groupes expérimentaux. Ils ne savent pas que la recherche porte sur la mémoire.

Tâche G1 : indiquer si le mot est écrit en italique

G2 : indiquer si le mot contient "on"

G3 : répondre à une question sur le mot (traitement sémantique)

Les participants doivent répondre uniquement par oui ou par non. On mesure le Temps de Réaction moyen pendant la tâche d'apprentissage incident. On leur demande ensuite de rappeler les mots qui avaient eu pour réponse "oui" et ceux qui avaient eu pour réponse "non".

On observe que le pourcentage de mots rappelés augmente avec la profondeur de traitement demandée.

Pourquoi G2 et G3 ont-ils un meilleur rappel pour les "oui" que pour les "non" ?

La tâche est de vérifier si le mot emplit une certaine condition, donc "non" est la réponse par défaut.

 

Objection à cette expérience : le meilleur rappel est peut-être lié à un temps de traitement plus long.

Expérience contrôle pour vérifier cette hypothèse.

On présente à un sujet une liste de mots. On lui pose une question quant à la succession voyelle-consonne (est-ce que le mot est composé de voyelle-consonne-consonne-voyelle... ?), il doit répondre par oui ou par non. Le TR est bien plus long (1000ms).
Résultat : le rappel n'est pas lié au temps de traitement, mais bien à la
profondeur de traitement demandée.

 

Structures nerveuses des mémoires


> Toutes les structures du système nerveux ont des fonctions mnésiques. Certaines sont plus particulièrement impliquées.

Les informations traitées dans les aires sensorielles et associatives convergents vers le système limbique, en particulier à l'hippocampe, dans le lobe temporal médian, qui participe à l'encodage, à la consolidation et au rappel des souvenirs (mémoire déclarative).

L'amygdale est impliquée dans les émotions, qui jouent un rôle majeur dans la mémoire.

> En règle générale, les souvenirs sont stockés à long terme dans les structures qui peuvent être activées par des informations sensorielles associées à de nouvelles expériences.

Exemple : L'information visuelle est stockée dans les aires visuelles.